PREMIERE PARTIE : Le réel ------------- Chapitre numéro un: Le Thai plate restaurant

PREMIERE PARTIE : Le réel               -------------                          Chapitre numéro un: Le Thai plate restaurant
Le soleil commence à peine à se lever sous le vent glacé de la nuit pluvieuse qui s'endort docilement aux cieux, attendant inexorablement l'épuisement du jour afin de reprendre sa sombre domination sur le Canada. En Ontario, commence la diffusion des informations régionales sur les ondes. En ces temps hivernaux, les canadiens n'espèrent pas exéder moins deux degrès. Pluie dans la nuit devient neige dans la journée et aucun être humain sensé n'a envie de sortir de la chaleur du lit, qu'il soit conjugal ou non. Afin de dissuader les plus courageux qui oseraient mettre un pied sur le plancher, de fortes rafales menacent les Hommes de ses sifflements permanents où l'on peut percevoir une férocité digne des animaux sauvages dont quiquonque s'approcherait le regretterait amèrement.

Néanmoins, certains ne peuvent se permettre de rêvasser tranquillement. C'est le cas de Sansei Peng, jeune chinoise tenant le "Thai plate restaurant" au 3434 Bathurst Street, non loin de son lieu de résidence. Sansei se hâte dans sa préparation. Une douche rapide et brûlande avant d'affronter la langueur du froid d'acier qui se profile à l'extérieur, des vêtements chauds, un petit-déjeuner rapide se résumant à un bol de Corn Flakes qu'elle avale en quelques minutes. Les cheveux dénoués, le manteau d'hiver sur le dos, elle sort affronter le tumulte de la tempête hardie. Son restaurant se trouve à deux rue d'ici, et le moteur de la voiture ne tiendrait pas entre le froid qui règne et l'once de chaleur qu'elle décuplerait en un chemin aussi court. Sansei n'a d'autre choix que de se blottir chaudement dans son manteau et marcher rapidement vers le restaurant.

Sansei ne croise personne dans la rue hors mis quelques commerçants qui commencent aux heures les plus matinales. Elle remarque que même les animaux ne sortent pas de leur niches ou canniveaux et restent emmitouflés avec le reste de leurs bandes. Sansei sent le froid de la neige pénétrer dans ses vieilles chaussures. Elle regrette de ne pas en avoir achetée une paire plus chère, plus chaude et sans talons haut! La jeune femme grelotte et ne sent plus ses doigts. Comme pour avancer l'échéance de sa descente aux Enfers, elle retire la clé de son restaurant de sa poche. Mais il reste une rue à traverser. Les stores et autres volets des maisons et immeubles environnants ne sont guère levés et Sansei se sentant trop seule dans cette rue sombre, se dépêche un peu plus chaque seconde. Le restaurant n'est plus très loin et déjà, elle repère ses futurs clients qui attendent impatiemment sous la neige drue. Ils ne sont pas là pour goûter les bons sushis de Sansei, non! Mais ils attendent, pour beaucoup, qu'arrive "l'évênement de leur vie".

# Posté le jeudi 13 mars 2008 16:38

Modifié le dimanche 16 mars 2008 15:06

Chapitre deux : Les cinéphiles

Chapitre deux : Les cinéphiles
Sansei passe par la porte de derrière pour ne pas exciter un peu plus l'impatience de ses futurs clients. Comme tous les matins, la porte arrière est difficile à ouvrir. Le gel la bloque totalement et la clé a du mal a faire un tour complet une fois dans la serrure. Ne voulant se resoudre à passer par la porte principale, Sansei prend le morceau de fil de fer, au dessus de la porte, et crochette la serrure ainsi, quoiqu'avec grande difficulté. La porte s'ouvre difficilement à cause de la neige que Sansei tente de ne pas faire entrer dans le "Thai Plate restaurant" en vain. Une fois la porte refermée, Sansei entre en cuisine, retire son manteau qu'elle accroche au porte-manteau de l'autre côté de la pièce et vérifie que tout est près.

La cuisine est propre et parée pour la foule qui est susceptible de venir manger au "Thai Plate Restaurant". Sansei met la machine à café en route et inspecte la salle réservée aux clients. Une table de cinquante personnes est prévue et, au dessus, comme pour faire bonne impression, une banderole est accrochée. Sur celle-ci est inscrit:


"BIENVENUE A L'EQUIPE DE TOURNAGE AU "THAI PLATE RESTAURANT!"



Sansei entend, au dehors, les cinéphiles, ses futurs clients, qui s'échauffent en critiquant les oeuvres du septieme art avec des mimiques de connaisseurs.

""King Kong 2007" était vraiment trop long!
-Oui, mais les effets speciaux sont géniaux! Il y a une référence au premier "King Kong" lorsque le bateau part. Avec l'effet spécial que Peter Jackson a fais semblant de rater! Comme s'il s'agissait d'un vieux film sans production!
-Quelqu'un a vu "Chambre 1408"?"

De peur qu'ils n'arrivent sur "Titanic", le seul film ayant réussit à faire pleurer Sansei, elle ouvre enfin le restaurant. Des soupirs de soulagements précède la ruée vers les tables les plus proches de celle réservée à l'équipe de tournage. Seule, une femme s'installe tout au fond, comme si elle ne voulait pas que l'on ne s'occupe d'elle. Elle tient un livre à la main. S'il n'est pas japonnais, alors elle est presque au bout. Sansei sent sa curiosité poindre. Ne pas savoir ce qu'est ce livre la tiraille de toute part. Dans son esprit, deux petites voix se font entendre:

"Tu regarde discrètement, lorsque tu lui fait passer commande!
-Mais non! Pourquoi tu tiens tant à savoir ce que c'est! Dis-toi que c'est un livre, point! Si ça se trouve, c'est "Titanic" et tu va te mettre à pleurer en servant les cafés! De quoi auras-tu l'air?
-Ne l'écoute pas, Sansei, tu as vu la longueur du livre! A mon avis, il fait quelque chose comme six cent pages! Comme elle est presque à la fin, elle devrait pleurer!
-Elle n'est peut-être pas aussi sensible que toi, Sansei!"

Elle finit par laisser ses esprits se battre entre eux et se dirige vers la jeune femme bouquinant tranquillement. Elle est totalement vêtue de noir. Les chaussures, la robe, mêmel'écharpe, le mateau et le chapeau! Peut-être un clin d'oeil à un film qu'elle aime bien?.. Ou un livre? Sansei n'ose pas demander le titre du livre, mais lui fait passer commende poliment. La jeune femme, brune, lève docilement la tête, mais seuls ses yeux, aussi bleus que les lacs sacrés d'Himalaya, ne sont pas recouverts par l'écharpe qu'elle abaisse un peu pour pouvoir parler. Malgrè les craintes de Sansei, la jeune femme n'est pas défigurée, et elle a même un visage tout à fait normal, que certains pourraient trouver plaisant à regarder... Elle désire un chocolat chaud. Très bien, mademoiselle. La jeune femme s'est décidée vite, contrairement aux cinéphiles qui veulent boire quelque chose qui aurait un rapport avec un film quelquonque. Ils finissent par prendre des jus d'oranges, pensant faire une référence au film "Orange Mechanic" de Stanley Kubrick. Mais Sansei ne peut s'empêcher d'ajouter: "Vous ne voulez pas un verre d'eau, pour faire une référence à "Titanic"?" Mais les cinéphiles n'apprécient pas la blague. Pour eux, c'est un blasphème que de comparer un excellent "blockbuster" à un simple verre d'eau! Alors Sansei se retire et prépare le chocolat et les jus d'oranges. La jeune femme qui est en train de lire a les larmes aux yeux. Comme elle a refermé son bouquin, Sansei peut s'apercevoir qu'il s'agit d'un livre français dont le titre lui est incompréhensible. Sa curiosité s'enflamme.

# Posté le samedi 15 mars 2008 07:33

Modifié le dimanche 16 mars 2008 15:06

Chapitre trois: L'arrivée des cinéastes

Chapitre trois: L'arrivée des cinéastes
La jeune femme dévore son bouquin et Sansei (et no pas Sansel pour Justine XD) s'ennuie en attendant l'arrivée des cinéastes. Les cinéphiles boivent leurs jus d'oranges dans un brouhaha acabrantesque tandis que la jeue femme ne bouge quasiment pas. Suls ses épaules tremblent légèrement à cause de ses pleurs. Sansei trouve le courage de s'approcher d'elle et s'asseoit tot en lui dmandant si elle se sent bien. Oui. C'est le livre qui la fait pleurer. Sanse lui demande de explications.

"Madame Bovary me ressemble beaucoup mentalement. Même si je ne suis pas mariée. Elle a toujours, comme moi, cette langueur, cette lassitude qui la plonge dans un ennui profond. Elle vient de mourrir. J'ai peur de finir comme elle... En pire, peut-être..."

Sansei n'en croit pas ses oreilles. Cette femme est folle, rien de plus! Comparer sa vie à celle d'un roman est surement pire que de traiter "Titanic" de verre d'eau! Néanmoins, elle tente en vain de la rassurer, quand soudain les cinéphiles s'agitent. Les voitures des cinéastes arrivent! Tousse précipitent dehors, sauf Sansei qui retourne en cuisine et la jeune femme qui tente de sècher ses larmes. Dehors, des sifflements, applaudissements et ensuite la séance autographes. Les cinéphiles interpèlent de manière révérencieuse les cinéastes qui répondnt par quelques signe de mains. La police, qui les suivait, installe quelques barrières devant la zone de repérages pour les cinéastes. Sansei apparaît, sur le seuil de la porte principal du "Thai plate Restaurant" et invite ses convives à entrer.

Les cinéastes s'installent à leurs tables attitrés et les cinéphiles les harcèlent de questions depuis leur table. Le réalisateur tente de répondre le plus courtoisement en essayant d'en divulguer le moins possible sur le tournage qui se prépare. Mais les cinéphiles reprennent de plus belle. Sansei leur demande poliment de laisser les cinéphiles prendre leurs petits déjeuner tranquillement, et les cinéphiles obéissent. Aucun bruit ne se fait plus entendre dans la salle, hors mis parfois, le cliquetis d'une cuillère toujours acompagnée d'un "Veuillez m'excuser" s'il s'agit d'un cinéphile. Les acteurs profitent du silence pesant pour relire une dernière fois leur scénario,en particulier le jeune homme qi inarne le rôle principal du film.

# Posté le samedi 15 mars 2008 16:53

Modifié le dimanche 16 mars 2008 15:05

Chapitre quatre: Les repérages pour la deuxième scène

Chapitre quatre: Les repérages pour la deuxième scène
Après un copieux petit déjeuner, le réalisateur, Mace Neufield, et ses assistants sortent sous la tempête dont les forces s'amenuisent et se concertent pour savoir quel serait le meilleur emplacement pour les caméras. Les acteurs se mettent en place et les caméramanr se postent aux endroits qu'ils suggèrent être les meilleurs pour une vue d'ensemble de la scène deux, la première étant un plan de grand-ensemble sur la ville vue depuis un hélicoptère. Le réalisateur regarde à la place du caméraman et se réjouit du plan. Les acteurs sont près et, malgrè a simplicité de la scène, qui consiste à Matt, l'acteur principal, de marcher d'un air tout à fait normal, Mace préfère répèter a scène entièrement, sans filmer.

Les spectateurs et autres cinéphiles regardent, derrière les barrières, avec des yeux ébahies ce qu'il va se passer. La jeune fille a rangé son livre dans son sac à dos noir et est sortie pour assister également au spectacle. Sansei a débarrassé les tables et s'est postée derrière les barrières, près d'une caméra sur élévateur. Le clapman se dirige vers la caméra 1, qui filme la vue d'ensemble. Les autres caméras sont en stand-bye.

"Je demande le silence! Ca tourne! Scène 2. Prise 1... ACTION !"

Matt attend environs trois secondes et se met en marche de manière tout à fait normal. Il ne fait pas attention au caméra qui, pour lui, n'existent pas, et il ne les regarde pas dans les yeux. Le silence est pesant et seuls les pas du personnage de Matt se font entendre. Les cinéphiles ne bougent plus. Le personnage de Matt marche et la caméra le suit, comme pour effectuer un travelling. Peu avant un carrefour, la caméra 1 continue son plan tandis que la caméra 2 commence à filmer en plan taille Matt qui continue à ne se préoccuper de rien. Au carrefour, il s'arrête en voyant le deuxième personnage du film apparaître. Là, les deux acteurs débitent leur scénario à une vitesse normale, pour faire plus vrai. Ils n'ont pas l'air de jouer. La jeune femme se dit que cette scène pourrait-être tout à fait réelle. Le réalisateur s'exclame: "COUPEZ!" et les acteurs arrêtent de jouer.

Mace voudrait un champ-contre-champ lorque les personnages parlent. Il faut donc couper la scène en deux et ses assistants s'y opposent. Il faut trouver une bonne raison pour effectuer un champs-contre-champs. Le scénariste se mèle à la conversation en prétextant qu'un champ-contre-champs prouverait cinématographiquement leur désaccord vis-à-vis de la scène. Les cinéphiles se concertent également pour savoir ce qui serait le mieux. Sansei, pour ne pas avoir l'air inculte, demande au caméraman son avis. Ils partent alors dans un conversation palpitante sur la différence entre un plan d'ensemble et un champs-contre-champs. Matt s'est reclut dans un coin avec Josh, le deuxième acteur et ils répètent la scène en se concertant l'un l'autre sur les airs qu'ils doivent prendre etc... La jeune femme ne dit rien et regarde les deux acteurs que tout le monde semble avoir oublié.

# Posté le dimanche 16 mars 2008 07:37

Modifié le dimanche 16 mars 2008 15:05